2017 est-il le début d’une nouvelle ère?

par | 18.02.2017 | Finance

Le changement de donne économique et politique aux Etats-Unis crée de nouvelles anticipations.

L’Agefi, février 2017

Les prémices de 2017 sont bien différentes de celles de 2016. La perspective de plans d’investissement et de baisses d’impôts aux Etats-Unis change considérablement la donne et les marchés financiers en ont rapidement pris note! La rotation entre les classes d’actifs et en leur sein s’est opérée de manière rapide mais néanmoins ordonnée. A ce jour, la principale question est de savoir si cette tendance cyclique va se poursuivre.

A l’évidence, la nouvelle donne économique et politique crée de nouvelles anticipations: plus grande fermeté du dollar, hausse des taux et, plus de protectionnisme! Ce contexte pourrait transformer la brise d’optimisme qui transporte les investisseurs depuis quelques semaines en forts vents contraires. En cas de remontée brutale des taux américains le dollar sortirait encore renforcé ce qui causerait des soucis à de nombreux débiteurs de pays émergents. Et la divergence croissante de politique monétaire entre les Etats-Unis et le reste de monde pourrait favoriser la zone offrant les meilleurs rendements et présenter des facteurs de déstabilisation additionnels. Ceci sans compter les incertitudes croissantes sur les accords qui régissent le commerce mondial: la réaction des partenaires commerciaux se fait déjà assez virulente et promet des passes d’armes sévères, notamment si la Chine devait préparer des mesures de compensation. Enfin les échéances politiques européennes pourraient accentuer le mouvement anti-establishement et favoriser le protectionnisme. Politique monétaire moins expansive et activisme fiscal ne font pas bon ménage avec les marchés obligataires… Les investisseurs doivent donc adapter leurs portefeuilles à un environnement caractérisé par plus d’inflation, un peu plus de croissance et des taux plus élevés.

Suivre le consensus ou s’en départir? Le consensus des investisseurs s’est rapidement transformé à l’automne et semble prévaloir dans les premiers jours de janvier: favoriser le dollar, les actions américaines domestiques, les actions japonaises, les cycliques y compris les banques, réduire les obligations tout en maintenant une préférence marquée pour le crédit, rester prudent sur les émergents, vendre les métaux précieux. Ce positionnement pourrait être mis au défi dès la fin du premier trimestre si les indicateurs avancés traditionnels venaient à donner des signes de faiblesse et/ou si la croissance des bénéfices venait à caler. Dès lors, il faudrait revenir vers des portefeuilles plus défensifs et allonger la duration de la poche obligataire. Sur le plan des devises, le dollar reste soutenu mais il est désormais cher. Le rapport entre le CHF et l’euro reste globalement dominé par les hésitations politiques en zone euro où les élections de 2017 vont amener leur lot de volatilité, empêchant ainsi d’escompter un recul marqué du franc.

Serge Ledermann
1959 Advisors SA
Tannay, le 18 février 2017

L'AGEFI
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